Alors que je rejoignais en ce lundi matin mon bureau de 9 mètres carrés sous toit terrasse à la chaleur d'une serre tropicale, je le vis dans la cour s'affairer à la rendre belle, douce et accueillante pour les enfants pour la proche rentrée. Nos regards se croisèrent, il vint à moi, j'allais vers lui. Quelques banalités d'un bel été, de vacances et de départ dans nos régions françaises engagèrent nos rencontres. Un café proposé, des sourires échangés puis les nouvelles de la famille. Vint apparaître le rayonnement d'un père pour son fils, fier de le conduire à son école d'ingénieur à Orléans, ville riche d'histoire. Je m'empressais de le féliciter. Quand on est parent, on connait le long trajet et les innombrables obstacles qui jalonnent le parcours scolaire de nos enfants. Qu'ils soient polytechnicien ou simplement heureux dans leur apprentissage, qu'on le vive avec l'esprit, le cœur, ou les tripes, pour tout individu qui se respecte et qui s'engage dans ce rôle, être parent n'est pas une sinécure. Mais, en dehors de cette joie immense de voir son fils s'engager dans des études complexes, il remercia l'école communale avec un petit e et l'Ecole avec le grand E. Celle de la République et de ses hussards qui, chacun à leur tour, avaient œuvrer pour son fils mais aussi pour tous les enfants qui ont la chance d'aller à l'école. Alors, je compris dans ce visage inondé de bonheur et ses propos si vrais, le sens à ma vie, le sens à ma fonction, le sens de ma raison d'être. Je le quittai, on se sépara, il reprit sa tâche et moi la mienne.

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