Que s'est-il passé hier à la sortie des classes dans l'esprit de Noisette ?  Il fallait bien lui donner un nom à celui qui passe à des heures bien matinales dans la cour de l'école. Noisette: c'est l'écureuil roux qui a pris ses quartiers dans la forêt centenaire de la propriété face au portail, route de Générac. Bien mal lui a pris de gambader au moment où les flots impétueux d'enfants au barda  de commando déboulent de toutes parts pour s'aligner en rang. Quel est donc l'éclaireur qui a tiré la sonnette d'alarme: "écureuil en vue, écureuil en vue" ?  Telle une troupe qui s'avance malgré les grands gestes du général, une centaine d'écoliers au bas mot progressent à pas de velours vers lui. L'animal bien agile va, recule, tourne et virevolte. Sa belle queue en panache ne fait guère l'affront aux dizaines d'yeux braqués sur lui. Le brouhaha  amplifie son angoisse et Noisette n'a que battre retraite. Malheur à lui, une maman  postée au portail dans une volonté de semi-autonomie pour son cher petit, s'agite, gesticule de ses grands bras, dans son habit sombre. Noisette n'y voit qu'infortune et fin à ses jours. Les allers-retours entre elle et eux sonnent le glas d'une noisette acculée. "mais cachez-vous madame, mais cachez-vous...", les propos du directeur lui offrent une porte de sortie. Puisque le côté cour n'est pas, voici côté jardin pour seule échappatoire.  Noisette file et disparaît aux yeux de tous.

Mais si madame s'est cachée pour libérer Noisette, son absence visuelle en recueillera les fruits des larmes de son fils. Tout est bien qui finit bien. Une belle frousse pour Noisette. Le reverra-t-on de sitôt ?  Je n'y crois guère.     

Une noisette bien inconsciente.
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