Kho Lanta: jour 4 (Ca boum pour nous)
12 avr. 2018Cher papa, chère maman, nous voici au quatrième jour du séjour. J'entends de là où je vous écris, la maman de Louis, courir dans les couloirs en criant des "oh mais" avec des bruits de "coin-coin" qui viennent de son téléphone. C'est le maître qui lui envoie des textos vides. Histoire d'en rire. Pauvre maman. Elle s'occupe des douches pendant que le maître et Nicolas, le papa de Pauline, s'amusent à jouer avec des grands nombres. Mille six cent soixante-quatre. Cela doit être un nombre-mystère. Aujourd'hui, nous avons eu un temps superbe. Il a plu. Il a plu et il a plu. Mais maintenant on est habitué. Et puis c'est pratique pour nettoyer le vomi du copain dans le centre équestre. On a donné à manger aux animaux de la ferme ce matin. Nicolas aurait bien mangé un lapin à la moutarde mais Pauline n'aurait pas apprécié. Les chèvres ont les yeux rectangulaires et elles nous font peur. On a été obligé de construire une maison de bric et de broc avec des bouts de bois et un sac poubelle comme drapeau. D'ailleurs les sacs poubelles nous siéent bien. Kaïs est un sumo et les Cp des misses Poubelles. C'est la déchéance. Au point où nous en sommes, ramasser le crottin est devenu un plaisir. Cet après-midi, on a fait des jeux avec les poneys. Le problème, c'est que le maître est un tricheur. Ce soir, c'est boum. Les filles se sont faites belles avec rouge à lèvres. Heureusement que Nicolas est à son 20ième carnaval de Dunkerque. Il a maquillé Julia, la fille de la maîtresse de maternelle. Elle est belle comme un coeur. Mais le maître a dit que "c'hareng saur" vachement bien. "homard serait très content". Je n'ai pas compris sa blague. Pour les garçons, ce n'est pas compliqué. Survêt et gel dans les cheveux, le classique. On a fait le match de foot sous la pluie dans un terrain détrempé. On a joué au Water-Polo en bottes. Cool... On a gagné.
Pour la boum. On n'a pas les clés. Alors on danse dans le silence absolu tout en criant . Heureusement que Nicolas a le son dans les oreilles, il peut danser, lui. Quant à nous, on se défoule. On est plein d'énergie. On en profitera demain après-midi pour dormir dans le bus.
Demain soir, ce sont les vacances. Lucie, la maman espère ne pas être malade avec le vomi de mon copain. Surtout que dans la classe de Saint Quentin, il y a neuf gastros. Le maître espère qu'avec un peu de chance, il pourra nous rendre en bon état avant l'expression de nos entrailles comme il se plaît à dire. Je n'ai pas compris ce qu'il voulait dire.
Je vais vous laisser, je l'entends arriver. Demain matin, jeu à la ferme dans la boue, le lisier, le guano, la chiure, la colombine et les fientes. Je n'ai jamais autant appris de mots nouveaux en matières fécales qu'avec cette classe de découverte. Elle est unique. Je m'en souviendrai. Que papa sorte le karcher, on risque de boucher la machine à laver le linge.
Comme monsieur Chambon dit: "il est important d'avoir du vocabulaire et d'utiliser un lexique châtié, soutenu..."
On arrive sur les coups de 16h, 16h30. Ce sera indiqué sur le blog. J'ai hâte de vous retrouver. Pensez à atteler la remorque à la voiture ou à mettre la galerie. Entre mes affaires et moi, c'est une bonne odeur de poney fermenté. Je ne veux pas pourrir la voiture.
