Tu trembles pour mon plus grand bonheur.

Depuis un certain temps, le filet de la cage de foot, côté maison, n'était plus qu'un lambeau de fils et de nœuds entrelacés. Il faut dire que quelques élèves, au bon souvenir de Bayonne je suppose, se suspendaient tels des saucissons trop tendres au palais. Je ne peux leur reprocher, moi-même dans ma polaire orange, suis devenu un filet d'oranges sanguines à Méjannes-le-Clap, (voir article de la semaine). D'autres encore, comme l'expression d'une torture de venir à l'école, bras tendus en arrière, buste en avant, suppliaient de tout leur âme qu'on les délivrât. Enfin, en cet âge tendre des amours fleurs bleues, damoiselles pour échapper aux damoiseaux utilisaient le filet pour se propulser loin du prédateur aux nobles sentiments. 

Pris  dans les griffes de ce petit monde, le filet n'eut plus l'aspect de sa jeunesse et d'énormes trous dans ses lucarnes causaient bien du tracas aux footeux contestant la validation d'un but. Et puis, un filet qui ne tremble plus sous la patate d'un Cristiano ou d'un Neymar d'Aubord n'a plus la même saveur. 

Monsieur Andrieu et les employés municipaux ont remédié à cela. Des filets achetés de longue date attendaient sagement leur heure de gloire. En voici un nouveau prêt à souffrir pour le plus grand bonheur du buteur courant  pour échapper à ses camarades, le tee-shirt sur la tête, les bras en croix. 

Le bonheur est simple comme un filet.      

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