Randonnée sous le soleil.
Randonnée sous le soleil.

La météo avait donné des signes inquiétants de pluie certaine et les pourcentages d'une bonne saucée ne jouaient pas en notre faveur. Mais, ici, dans le midi, on connaît la météo de Paris et des parisiens. Une bande de jaloux qui ne veulent en aucune manière que la capitale devienne Aubord et font croire à la France entière qu'ici le malheur s'abat sur nous. Mais que Nenni.

Un ciel bien bas dès le départ qui admit vite que le bonheur est simple comme une randonnée. Le soleil réapparut et les anoraks molletonnés devinrent d'un ridicule au fil des kilomètres. Ma chemise à manches courtes fut décriée et je fus pris pour un Dunkerquois de souche.

Vu ma peau et ma couleur de cheveux restants, je répondis que j'avais des poils Téfal qui ne retenaient pas le froid, que j'étais en pleine  andropause et que la présence féminine défaillait mon cycle. Au fond, je ne sus pas vraiment la véritable raison de ces bouffées de chaleur  et chacun prit la réponse qu'il souhaitât.

Nous attendîmes la maman d'un Ce2 qui avait confondu la sortie du jour avec celle du 29. A voir ses talons aiguilles et notre mode commando, elle comprit, enfin malgré mes rappels, qu'il fallait chausser des chaussures adéquates. Elle reconnut qu'elle ne lisait pas les  messages du carnet de liaison. Madame Tolmos décida d'excuser ad vitam aeternam son fils pour les consignes qu'il ne lit jamais  en classe.

Le joyeux groupe composé de manifestants avant l'heure avec leur gilet jaune prit chemin, avec des anciens qui eurent la gentillesse de nous accompagner. Une maman, tenue militaire,  nous répéta tout le jour que les femmes étaient des guerrières. J'entends, de là où je vous écris, le son de voix en mon esprit.

Je compris vite, à la vitesse des retardataires que le grand-père Roux et Monsieur Andrieu allaient assurer la voiture balai. Pendant ce temps, madame Borelly, depuis qu'elle est à la retraite, mena un train d'enfer, épaulée par madame Tolmos. Quant à moi, j'errais au milieu de cette longue caravane, à rire, à blaguer avec les parents. 

Malheureusement, le GPS, rebut de l'ère soviétique, de notre guide nous fit errer dans les rues de Générac. Je présentais la maison de monsieur Bruneau, signalant que de bonnes boissons divines nous attendaient sagement. 

La promenade me sembla plus courte que d'habitude mais les enfants, qu'on appelle plus communément, ventre sur pattes, crièrent famine à chaque pas. Les collines au Sud du village devinrent l'aire de pique-nique. Le repas goulûment avalé laissa place à des descentes dantesques pour le plus grand bonheur des pantalons au ton marron terre. Monsieur Andrieu était admiratif. Madame Tolmos priait qu'aucun ne se blesse. Quant à moi, je reconnus à nouveau l'énergie débordante de ces infatigables. Madame Andrieu admit sans mal que son mari leur ressemblait. C'est alors que je comparai involontairement  Jean-Jacques à un Border Collie (chien si cher à madame Cislini). Sa femme acquiesça de la tête.

Les élèves bien sales reprirent le chemin du retour. Quelques chenapans effectuèrent des mêlés improvisés dans la pelouse sous la bénédiction du maître. Santiago expérimenta ses baskets et dut se résoudre à admettre qu'elles n'étaient pas amphibies. 

Le GPS du Kremlin reprit du service sous une caravane de plus en plus étirée. Nous coupâmes à travers vigne et j'eus une pensée pour ceux qui taillent et entretiennent la vigne avec ses rangées interminables. 

Le château d'eau en ligne de mire permit à tous d'espérer un retour au bercail. Nous arrivâmes à temps pour la récréation et les garçons coururent jouer.

Je remerciais les parents, la guerrière et madame Borelly pour le parcours. Rendez-vous pris pour l'an prochain mais avec quel enseignant ?        

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