Madame Tolmos passe dire bonjour

Venue avec son Gigi pour s'occuper des nids, madame Tolmos n'a pas manqué l'occasion de venir saluer les collègues, avec un grand sourire et une joie inestimable d'être à la retraite. Mais elle n'a pu s'empêcher de dire bonjour aux enfants dans la cour. C'est une nuée d'étourneaux qui s'est jetée sur l'ancienne maîtresse remplissant de câlins et de bisous en criant "maîtresse, tu nous manques". "Vous aussi", leur a-t-elle répondu. J'ai immédiatement crié que c'était un mensonge éhonté et que madame Tolmos préférait sa nouvelle vie de jeune retraitée. J'en ai profité pour rappeler Clément M. de la classe de madame Cheung, venu lui aussi aux retrouvailles lui rappelant qu'il n'a jamais eu madame Tolmos comme maîtresse et que, connaissant le coquin de renard qu'il est, de rejoindre immédiatement sa classe qui remontait en classe justement. Il m'a adressé, comme à son habitude, un sourire démasqué que lui seul sait réaliser. Mais, on ne le fait pas à un vieux singe comme moi. Pendant ce temps, Madame Cislini, qui ne perd jamais le nord, a proposé à madame Tolmos de prendre sa classe afin qu'elle boive chez elle une tisane bien chaude. Notre retraitée a bien esquissé quelques pas en direction de la classe, entourée par ses anciens élèves ravis. Mais, j'ai usé de mon autorité pour rappeler à madame Cislini qu'il lui restait 20 ans de carrière avant de profiter d'une retraite à point d'une valeur en peau de chagrin. Madame Tolmos s'est ravisée et madame Cislini est repartie vers sa classe, maugréant "je ne sais" des paroles colériques. J'ai remercié chaleureusement madame Tolmos de m'avoir bien mis la pagaille avant la venue de madame L'Inspectrice. Sûrement, le revers de la médaille d'un vélo démonté dans sa classe lors de la soirée des Cm2.  Elle s'est envolée à tire-d'aile.  

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