Cématata.
18 déc. 2019Pour la deuxième année consécutive, un phénomène étrange survient aux alentours du solstice d'hiver. Inexpliqué jusqu'ici, dans la nuit la plus totale, des petites ombres circulent sans aucune cohérence en prenant des directions aléatoires dans la cour principale. Au fond, sous le préau, une lumière blafarde, dansante s'agite tel un phare oublié d'une mer abandonnée. Des ombres plus grandes, plus statiques se regroupent comme une confrérie secrète. Elles murmurent, susurrent dans des vapeurs sortant d'une marmite violacée. Certaines sont coiffées d'une grosse bosse en haut du front ou de deux petites de part et d'autre du crâne. Une hiérarchie de secte, je suppose. A les écouter, on devine que celle aux deux pompons est la cheffe de cette troupe. En s'adressant à elle, inlassablement, ils répètent dans une langue inconnue "cématata, cématata..." Sûrement une marque de respect. Discrètement, je me suis glissé dans ce rassemblement et ai pu voler une photo de ces êtres qui écument, à les entendre, la France entière: "Grenoble...Bretagne..." et qui ont l'habitude de se regrouper sur un même palier en barrant la route d'une jeune demoiselle pour la forcer à rentrer dans ces forces occultes. Apeuré, effrayé, je ne suis resté qu'un court instant. Pourtant le temps m'a semblé long. Je n'ose revenir jeudi matin. Mais j'ai la certitude que la clé de ce mystère n'est autre que "cématata" de cet être aux deux pompons. Je compte sur vous pour résoudre cette énigme.
