Sophie's boys.
11 janv. 2020Le ministre de l'Education avait annoncé la volonté de la parité renforcée avec plus de 70% de femmes dans le métier. Nombre plus conséquent encore au niveau du primaire. l'Ecole d'Aubord a répondu présent aux statistiques afin de prouver que le nombre conséquent d'hommes dans une école est néfaste à l'équilibre psychosomatique de l'équipe et tout particulièrement celui de la gente féminine. Il semble que Sophie, seule présente sur les lieux au milieu de tous ces hommes manifeste les premiers signes d'un bonheur intense, d'une extase non dissimulée, d'une plénitude psychique de diriger quatre hommes qui s'occupent d'elle comme d'une princesse. Il est à noter les dommages collatéraux sous la forme de messages anonymes sévères à l'encontre de cette contre-expérience signés : "la collègue du Cm ou la collègue du Cp". Selon l'enquête, deux auteures différentes mais un même combat: le refus d'accepter que madame Cislini participe à cette expérimentation inédite seule qu'elle souhaite approfondir et prolonger pour une durée indéterminée. Sa réponse simple et laconique résume la volonté de continuer l'épreuve insoutenable par "quand est-ce que vous ne revenez pas..."
Il faut rajouter qu'une certaine enseignante de l'école voisine aux passages fréquents à l'élémentaire a exprimé avec un fort trémolo dans la voix: "c'est pas juste, c'est trop injuste..."
Le ministre qui attend les relevés scientifiques de l'examen espère prouver ce qu'il souhaite annoncer mais il me semble que l'expérimentation est à l'opposé de ses attentes. La parité renforcée n'a jamais été à 70% mais bel et bien à 50%. Quant à Sophie, elle attend avec impatience lundi matin pour retrouver son équipe.
