A m'asseoir cinq minutes...

Elles (elles resteront anonymes) s'asseyaient à même le sol, le temps d'une pause bien méritée, le temps de souffler. Elles qui s'occupent de notre santé et rendant les classes propres, les classes nettes, devaient affronter le sol rugueux à s'en casser le dos.

Il ne faut jamais oublier celles discrètes dont le rôle est capital. Alors avec Lucas et Matt, en gros bras, un banc qui traînait son cafard dans le noir d'une pièce, s'est placé à l'endroit même où elles s'installaient.

Les deux transporteurs ont apprécié. L'endroit semble plus agréable et il le fallait bien pour elles.  

Mais je ne peux m'empêcher de rajouter un détail croustillant concernant mes deux compères du jour. A ma demande et me suivant, ils ont mimé, soi-disant, ma démarche. Je reconnais en eux un talent scénique digne de l'opéra bouffe. Epaules larges, bras écartés, légèrement voutés, avançant à tout casser sur leur passage,  mes deux "coquinaillous" voyaient en moi, un gorille de Dian Fossey.  Mais j'ai l'habitude de dire que ce n'est pas au vieux singe qu'on apprend à faire la grimace. Avec plus de 30 ans de carrière, j'ai surdéveloppé le regard affuté du suricate-directeur et zyeutant dans la fenêtre à côté de la porte où je m'engouffrais, j'ai découvert la scène. D'une rotation rapide à m'en déloger la lombaire (L3), je me suis retrouvé nez à nez avec mes imitateurs qui s'étaient transformés en statue de marbre. Leur dévoilant ma découverte et pris sur le fait, ils ont ri froidement mais ont compris "qu'on ne me l'a fait pas..."     

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