Quand les enfants pédalent vers ceux qui ont tout vécu.
Quand les enfants pédalent vers ceux qui ont tout vécu.
Quand les enfants pédalent vers ceux qui ont tout vécu.
Quand les enfants pédalent vers ceux qui ont tout vécu.

Ce vendredi après-midi, les élèves de CE1 ont enfourché leur vélo pour rejoindre l'EHPAD de Bernis. Deux heures de jeux, de regards échangés, de mains qui se tendent par-dessus les générations.

Il y a quelque chose de bouleversant dans ce geste simple : des enfants de sept ou huit ans qui montent sur un vélo pour aller rendre visite à des personnes qui, elles, ont traversé un siècle. Ce vendredi 5 juin, de 14 h à 16 h, les élèves de CE1 ont parcouru les trois kilomètres qui séparent leur école de l'EHPAD de Bernis, escortés par la policière municipale qui a veillé sur chaque passage délicat. Une petite expédition, déjà, avant même d'arriver.

Une fois franchies les portes de la résidence, quelque chose d'inattendu s'est produit — ou plutôt, quelque chose d'évident. Autour des tables dressées pour l'occasion, les enfants et les résidents se sont installés ensemble, sans réserve, sans maladresse. Les petits chevaux, la bonne paye, les dominos, le jeu de l'oie : des jeux que les anciens connaissent depuis l'enfance, et que les plus jeunes découvrent ou retrouvent. Ce langage commun, fait de dés qu'on lance et de pions qu'on avance, a suffi à tout dissoudre : la timidité, la différence d'âge, la distance entre deux mondes qui se croisent si peu.

On ne sait plus très bien, dans ces moments-là, qui console qui. Si ce sont les enfants qui apportent leur lumière aux résidents, ou les résidents qui offrent aux enfants la douceur de ce qu'ils représentent : le temps, la patience, la tendresse sans condition.

Les rires ont résonné dans les couloirs. Des parties se sont jouées, certaines avec beaucoup d'application, d'autres avec beaucoup d'enthousiasme. Des mains noueuses ont guidé de petites mains hésitantes. Des yeux d'enfants se sont posés, curieux et doux, sur des visages qui portent une vie entière. Et dans ces échanges minuscules (une règle expliquée, un pion réclamé, une victoire partagée) s'est tissé quelque chose de rare : une affection simple, immédiate, sans raison d'être sinon qu'elle était là.

Ces rencontres ne règlent rien. Elles ne comblent pas la solitude des uns ni n'effacent l'agitation des autres. Mais elles rappellent, le temps d'un après-midi, que l'écart entre le tout-début et la fin d'une vie n'est pas un gouffre. C'est une table, quatre jeux, et la même envie d'être ensemble.

Un grand merci à la policière municipale pour son accompagnement attentionné sur le trajet, et à toute l'équipe de l'EHPAD de Bernis pour son accueil chaleureux et aux parents accompagnateurs. Rendez-vous pour une prochaine rencontre.

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