Je sais que certaines personnes attendaient avec impatience le résumé de la sortie du 26 mai. La voici donc rédigée sous le regard et le style qui me sont propres.

Non, nous ne partîmes pas 500 et par un prompt renfort, nous nous vîmes 3000 en arrivant au port.

Bien au contraire, je ne citerai point de nom, mais cette petite randonnée de 14 kilomètres fut le rendez-vous des plus courageux qui s'engagèrent dans cette activité physique qui développe le fond pour la forme en ôtant les formes. Le soleil bon enfant et radieux du matin devint au fil des heures peu désirable et l'absence de vent nous le fit maudire en fin de parcours. Quoi qu'il en soit, entre vignes et vergers, les prémices d'une belle récolte nous firent rager d'être asynchrones avec la cueillette. En quelques encablures, Beauvoisin fut rallié.

 

Europe oblige, une amie allemande accompagna le groupe et M. Chambon ressassa tout le long du trajet la liste des mots qu'il avait étudiée et retenue grâce à « la septième compagnie » : restez groupir (bien utile avec des classes), achtung, achtung (quand une voiture s'approchait) et ich liebe dich (tout à fait inapproprié pour la circonstance mais accompagné par la blonde et la brune permirent de discuter de bière avec l'invitée). A ce propos, je tiens à la remercier pour la bière brune qu'elle m'offrit à 5 heures. C'est pour cette raison que je peux dire : Ich liebe dich la brune.

Polyglotte dans l'âme, j'enchaînai avec la maman de Gabriel en brésilien en chantant les publicités schweppes de mon enfance. Que du bonheur tout le long du parcours jusqu'au moment où ma collègue qui dirigeait le peloton de tête nous annonça une erreur de parcours sous les huées de certains élèves qui n'avaient qu'une idée en tête : manger le bon pique-nique.

Les collines de Générac et leur végétation remplacèrent le plat pays des champs cultivés. L'heure d'ouvrir la gamelle sonna et à part un trio bien connu des services de répression du bureau n°13 de l'école, tout le monde se posa pour reprendre des forces. M. Bruneau nous apporta des bouteilles d'eau pour remplir le réservoir. Une pause bien méritée qui ne découragea aucun enfant lancé dans une troisième guerre mondiale avec des rafales sonores et des explosions vocales. Mme Tolmos eut beau lever les yeux au ciel, aucun volatile n'eut la volonté de traverser ce ciel de feu et de sang, tant les élèves mouraient et renaissaient au combat.

Le retour débuta et les plus courageux de l'épisode précédent traînèrent la patte. Une longue attente à l'école de Générac pour une élève fatiguée et le bureau des lamentations ouvrit. Alors, diplomate, psychologue, papa poule dans l'âme, je ne dis qu'une phrase : lève-toi et marche. Je pense que le ton y fit beaucoup, malheureusement ce texte ne le met pas en valeur. Et c'est ainsi que le bureau des pleurs ferma.

Certains gredins tentèrent bien un pouce levé au cas où une voiture s'arrêterait mais … il fallait se résoudre à rentrer à pied. La longue descente sur Aubord avec ce soleil chaud et cet Eole absent étira sur des longueurs interminables les trois groupes. Jean-Pierre, Marlon et Bilal tentèrent des échappées avec des turbos vrombissants mais les accélérations furent brèves. Mme Tolmos eut son vol d'outardes. Paolo récupéra sa casquette. Enfin, le village apparaissait et donna du cœur au groupe entier. L'impensable, l'inimaginable, l'inconcevable, l'insensé se réalisa. Une bien belle sortie qui donna à certains parents l'approbation gustative de se ressourcer aux fontaines nîmoises de ce weekend festif.

 

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