Le bois des espeisses
14 juin 2011En ce lundi matin, la température annoncée et le soleil généreux, présents depuis ma terrasse furent les éléments prometteurs d'une sortie exceptionnelle préparée de longue date : orientation au bois des Espeisses avec six classes de l'école. Hélas, les effets d'annonce sont parfois trompeurs et ce fut une journée loin de celle que j'avais imaginée, malgré la réunion préparatoire du vendredi soir dans la salle rose, les photocopies sur feuille cartonnée couleur et les dossiers individuels pour les 16 groupes différents constitués le dimanche sur la table de la cuisine. Le vélo dans le coffre, Je démarrai le véhicule qui, immédiatement, m'indiquait l'urgence de faire le plein. Direction le supermarché de Casino qui eut la gentillesse de m'informer qu'il n'y avait plus de diesel. Je ne sais pas pour vous mais quand le matin démarre ainsi, j'ai toujours le pressentiment qu'il n'est que l'introduction d'une journée à rebondissements dont l'objectif principal est de vous pourrir la vie. Celle qui vous fait regretter le bon lit douillet abandonné par la sonnerie criarde d'un réveil jaloux. Et je ne trompai guère.
Le supermarché suivant, avec son flot lent de voitures se dirigeant vers Nîmes, me rassura quelque peu malgré un temps d'attente plus long (je retrouvais mes compagnons d'infortune du supermarché précédent). Le réservoir assouvi, mes pensées s'envolèrent vers cette sortie et le léger vent me rassura en assurant une légère bise rafraîchissante à la chaleur de plus en plus pesante de ce soleil de Sud.
L'école, les élèves, les 26 parents accompagnateurs, un bon café préparé avec soin par M. Bruneau, que demander de plus. C'est plutôt en moins que cela se fit. Des parents prévus ne peuvent assurer de leur présence : leur enfant étant malade. Alors commencèrent les ratures, les flèches, les adaptions de dernières minutes. En deux temps trois mouvements, l'obstacle fut franchi sans problème. Les bus arrivèrent et tout ce beau monde se dirigea vers le véhicule désigné. Mme Cislini avec Melle Gazé, Mme Cheung avec Mme Lèguevaques et M. Bruneau avec ma classe. Tout le monde assis, attaché, prêt pour la grande journée.
Le chauffeur enclencha la clé de contact dont la réponse moteur exprima un râle de désespoir. Le véhicule refusait de démarrer. Quelques essais infructueux plus tard, des va et vient entre le moteur arrière et la cabine du chauffeur. Il fallait s'y résoudre : la journée ne faisait que commencer. Un appel à la compagnie : une vaste hésitation commença entre un autre bus ou le mécanicien. La dernière optique fut choisie et vous vous en doutiez, ne fut la pas bonne. Les deux autres bus partirent sans nous et nous prîmes la décision de faire sortir les élèves du bus dont la chaleur prenait son quartier d'été. Le machiniste rejoignit le car abandonné et ouvrit les entrailles de la machine dont les seules expressions furent « teuf, teuf…. Cling cling…. Broum pouf. » Enfin une fumée blanche épaisse nous sauva de cette solution inextricable du moteur arrière : le bus avait rendu l'âme. Nous allions avoir un car, un vrai. 20 minutes supplémentaires d'attente et nous pûmes partir vers le bois des Espeisses.
A son arrivée sur place, nous emboîtâmes le pas vers le point de rendez-vous. Emma nous annonça l'oubli de son sac de pique-nique dans le bus. La série continuait…
A la partie basse du bois des espeisses, je trouvai un groupe égaré, loin de sa base de travail. Je dus reconstituer les groupes. Heureusement, mes collègues s'étaient très bien débrouillés avec les moyens du bord. La journée se déroula sans encombre et seul le rouge de notre soleil s'était posé sur les peaux des accompagnateurs. Une certaine maman, dont je tairai le nom, passa du rouge vif aux infrarouges et rayonna de tout son soûl.
Enfin le retour. Les bus fonctionnaient. Comme un capitaine sur son navire, je pris le dernier. Quelle idée ! Ce fut l'unique sans climatisation. Entre la chaleur torride, les longues marches, la réverbération du bitume brûlant et ce bus aux petites fenêtres, bloqué dans les embouteillages, je crus mourir de désespoir. Le mauvais sort s'acharnait sur moi. IL y a des jours avec et celui-ci était sans. Un bien mauvais jour que je n'oublierai jamais…