Le 8 mai 1945 : quand nos élèves portent la mémoire

Ce jeudi 8 mai, nos élèves ont accompli quelque chose de grand.

Au pied du Monument aux Morts du Chemin des Mas, entourés des élus de la commune, des anciens combattants, de la gendarmerie, des pompiers et de la Croix-Rouge de Vergèze, quatre enfants de notre école ont porté, avec une dignité et une gravité qui ont touché tous les présents, le poids précieux de la mémoire collective.

Grégoire et Jérémy ont lu le discours d'une voix claire et assurée, donnant aux mots toute la solennité qu'ils méritaient. Leurs voix d'enfants résonnant face au monument ont rappelé à chacun pourquoi il est si important de transmettre, génération après génération, le souvenir de ceux qui ont tout donné pour notre liberté.

Lyam a tenu fièrement le drapeau du Souvenir Français, droit et digne, conscient de l'honneur qui lui était confié.

Enola, enfin, a déposé avec douceur et recueillement la gerbe de fleurs au pied du monument. Un geste simple, chargé d'une infinie tendresse pour ceux qui ne sont plus.

À vous quatre — Grégoire, Jérémy, Lyam et Enola — toute l'équipe de l'école est fière. Fière de vous voir grandir en citoyens conscients, respectueux et engagés. Vous avez honoré la mémoire de nos anciens avec le cœur et l'âme qu'ils méritaient.

Car c'est bien là le sens de cette journée : ne pas oublier. Comprendre d'où nous venons pour construire, ensemble, un avenir de paix. Et croire — sincèrement, profondément — que chaque génération a le pouvoir de faire du monde un endroit meilleur.

Mais ce devoir de mémoire n'a de sens qu'en prolongeant aujourd'hui le soutien à ceux qui ont dit non à la violence des autres, verbale ou physique, dans le non-respect des valeurs de la République. Ne rien dire, regarder, observer, voire enregistrer pour admirer son nombre de likes sans intervenir ou taire après-coup son indignation et sa solidarité n'est que l'expression d'une société en déliquescence, des moutons de Panurge destinés à l'abattoir de la médiocrité. Les sociétés s'effondrent quand elles oublient qu'elles ont résisté et qu'elles sont encore en mesure de dire "NON".   

Merci à la municipalité d'Aubord d'associer chaque année nos enfants à cette cérémonie. Ce lien entre l'école et la mémoire de la commune est précieux. Il nous rappelle que l'éducation ne se fait pas seulement dans les classes, mais aussi dans ces moments où l'on se tient debout, ensemble, face à l'Histoire.

N'oublions jamais.

 

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